La tour de Babel [Analyse]


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🌃   LA TOUR DE BABEL   đŸŒƒ


Texte & Analyse


Lisons le texte : GenĂšse 11:1-9




📖 Genùse 11:1-9


1. Toute la terre avait une seule langue et les mĂȘmes mots.

2. Comme ils étaient partis de l'orient, ils trouvÚrent une plaine au pays de Schinear, et ils y habitÚrent.

3. Ils se dirent l'un Ă  l'autre: Allons! faisons des briques, et cuisons-les au feu. Et la brique leur servit de pierre, et le bitume leur servit de ciment.

4. Ils dirent encore: Allons! bùtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre.

5. Le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que bĂątissaient les fils des hommes. 

6. Et le Seigneur dit: Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une mĂȘme langue, et c'est lĂ  ce qu'ils ont entrepris; maintenant rien ne les empĂȘcherait de faire tout ce qu'ils auraient projetĂ©. 

7. Allons! descendons, et lĂ  confondons leur langage, afin qu'ils n'entendent plus la langue, les uns des autres.

8. Et le Seigneur les dispersa loin de lĂ  sur la face de toute la terre; et ils cessĂšrent de bĂątir la ville.

9. C'est pourquoi on l'appela du nom de Babel, car c'est lĂ  que le Seigneur confondit le langage de toute la terre, et c'est de lĂ  que le Seigneur les dispersa sur la face de toute la terre.

Version louis second

🔑 ClĂ© de comprĂ©hension :

BABEL : En hĂ©breux, Babel vient du mot "BLBL" qui signifie "bredouiller" ou "confondre". En akkadien (langue antique de la MĂ©sopotamie) il vient du mot Bāb-Ilum qui signifie "Porte de Dieu" et symbolise la confusion, "car c'est lĂ  que le Seigneur confondit le language de toute la terre".


Ziggourat
LA TOUR DE BRIQUES

En Ă©voquant cette tour en briques dont le sommet touche le ciel, les rĂ©dacteurs avaient sans doute en tĂȘte les ziggourat de MĂ©sopotamie.



La plupart de ces gigantesques tours à étages, superpositions de terrasses de taille décroissante, généralement de forme pyramidales, furent construits sous la 3e dynastie d'Ur, au début du 3e millénaire avant Jésus Christ.

Encore aujourd'hui, ils nous restent mystérieux, d'autant plus qu'il n'en reste que des ruines, mais on pense qu'ils étaient surmontés d'un temple et s'intégraient dans des complexes religieux plus vastes comme la ziggurat d'Ur, la mieux conservée, gigantesque avec ses 62,50 x 43 m.



Ziggourat de Ur

Ziggourat de Ur



🌌  ETEMENANKI  🌌

Dans le pays plat de MĂ©sopotamie, ces gĂ©antes Ă  la tĂȘte dans les nuages pouvaient peut-ĂȘtre jouer le rĂŽle d'une montagne, point de rencontre entre le ciel et la terre.

Fondation du ciel et de la terre

Le nom de la plus haute, la ziggourat Etemenanki Ă  Babylone, signifie : la maison de la fondation du ciel et de la terre.

Leur construction alliait, autour d'un cƓur en briques sĂ©chĂ©es au soleil, un revĂȘtement protecteur de briques cuites pouvant atteindre 2,50 mĂštres d'Ă©paisseur ! 

On a émis l'hypothÚse que la Ziggurat Etemenanki aurait nécessité 36 millions de briques. Si on a pu calculer que leur simple maçonnage a dû demander 94 938 jours de travail, on mesure la grande capacité logistique qu'avait alors l'administration mésopotamienne.



BABEL
"Babylone"
 Lieu de confusion 

" La ville, on lui donna « le nom de Babel car c’est lĂ  que le Seigneur brouilla la langue de toute la terre »... "

 đŸ“– GenĂšse 11:9


Nous reconnaissons-lĂ  une Ă©tiologie : le dĂ©sir de trouver l’explication d’un phĂ©nomĂšne ou d’une rĂ©alitĂ©.

 « ؟ »  - pourquoi Babylone en est-elle venue Ă  porter ce nom ?


Le nom de cette ville provient du nom pré-Sumerien BABULU (*)


Pour ses habitants, l’orgueilleuse Babylone Ă©tait la porte des dieux. 

Ici, les rĂ©dacteurs semblent prendre un malin plaisir Ă  jouer sur l’assonance entre le nom babel et le verbe balal : 

Balal = brouiller, mĂ©langer, confondre. Sans doute est-ce moins flatteur...

(*) Le nom « Babylone » provient du grec, lui-mĂȘme dĂ©rivĂ© de l'akkadien, bāb-ili(m), signifiant « Porte (bābu(m)) du Dieu (ili(m)) »,






🔎 - A la loupe




Il n’est question que de toute la terre et tous ne forment qu’un seul peuple. Il est donc clair que le sujet rĂ©el ici n’est pas l’histoire d’un homme mais celle de l’humanitĂ© toute entiĂšre.
...

(*) BABYLONE : Symbolisme - Babylone, c'est notre systĂšme intĂ©rieur, qui structure notre territoire intĂ©rieur. C'est l'image taillĂ©e, statique, que nous nous faisons de Dieu, qui Lui est dynamique et Vie. Ce systĂšme humain créé par l'homme irrĂ©gĂ©nĂ©rĂ© entend Ă©riger Dieu et tout ce qui est du domaine spirituel, en systĂšme dogmatique (**), fixe et figĂ©. 

(**) Dogmatisme : rejet du doute, de la critique. 


Mais pourquoi cet Ă©pisode ? 

s'il s'agit lĂ  d'un rĂ©cit allĂ©gorique, cela signifie qu’il y a un ‘message’, lequel ?

TrĂšs longtemps, on n’a vu lĂ  qu’une facette du pĂ©chĂ© de l’humanitĂ© constamment rappelĂ© depuis GenĂšse 3 >>:

le rĂ©cit de l’orgueil fou et dĂ©mesurĂ© d’une humanitĂ© qui veut s’Ă©lever par ces propre moyens jusqu’au ciel, qui dĂ©sir en forcer les portes et ainsi se faire dieu a la place de Dieu! elle en recevra son chĂątiment ! 

Mais est-ce bien le sujet ?

Le premier verset dit que la terre entiĂšre se servait de la mĂȘme langue et des mĂȘmes mots, et le dernier reprend cette histoire de langue : si le thĂšme traverse ainsi le texte, c’est l’indice de son importance :

peut-ĂȘtre alors nous trouvons-nous ici devant une Ă©tiologie de la naissance des langues.

Le projet du peuple est bien de construire une ville et une tour pour se faire un nom, mais une finalité y est ajoutée :

"afin de ne pas ĂȘtre dispersĂ©s sur toute la surface de la terre."

Alors ?

ÉlĂ©mentaire !

Ici, le projet des hommes, d'un orgueil fou, est de se faire un nom, mais, fondamentalement, la crainte en jeu ici est celle de la dispersion. 


on comprend alors pourquoi la Tradition juive appelle ce texte :

La génération de la division !

Face Ă  cette crainte, Dieu agit en faveur de la dispersion des hommes sur toute la surface de la terre.

Peut-ĂȘtre devrions-nous nous souvenir que, dĂ©jĂ  au 1er chapitre du Livre des Origines (GenĂšse), Dieu crĂ©ait en sĂ©parant : Dieu sĂ©pare les eaux d'avec les eaux.


GenĂšse 1:7
"[...] Et Dieu fit l'étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l'étendue d'avec les eaux qui sont au-dessus de l'étendue. Et cela fut ainsi.. ."


la Création est diversité et non uniformité.

... 

📄 Pour une Ă©tude approfondie sur Babylone rendez-vous ici >>

📄 Pour une Ă©tude des textes de la GenĂšse rendez-vous ici >>

... 

La paix soit avec vous



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